JE SUIS UNE CONNE, MAIS J’ADORE ÇA !

Depuis plusieurs mois, voire … presque un an, je deviens ce que l’on appelle « un con(ne) » dans la société.

Je m’explique: la grossesse aidant, les hormones remontant à fleur de peau, déjà que j’étais du genre à ne pas mâcher mes mots, et bien là je suis devenue « brut de décoffrage ».
Les 3 premiers mois de la grossesse, je mettais cela sur le dos des hormones, tout le temps, puis, le temps passant, j’ai vu que cela perdurait.
J’ai perdu beaucoup de personnes pendant ma grossesse à cause de cela.
J’ai aussi été une teigne avec mon mari, enfin, c’est lui qui le dit. Moi … je trouve que j’ai juste exprimé mes besoins un peu plus radicalement qu’auparavant. Alors forcément, ça fait bizarre de passer de la douceur à l’affirmation sans détour.
Si avant je disais « j’aimerais bien que… » , pendant le grossesse c’est passé à « j’ai BESOIN de… (d’attention, que tu sois plus présent…j’exprimais avec bien plus de clarté ce qu’il me fallait)».
Malgré ma (trop) grande franchise, je mettais toujours les formes, et j’arrondissais les angles pour ne pas froisser l’autre en face. Et puis j’ai compris qu’à force de faire des efforts pour dire les choses sans vexer l’autre (je ne parle ici pas de mon mari !) on fini par ne plus dire les choses comme on les pensait au départ.

Trop de miel dans le thé, fini par enlever le goût du thé !

Avec la naissance de ma fille, je pensais que ça passerait. Mais non. Pourtant, les hormones ne sont plus là 5 mois après.
À chaque nouvel « effort » que je devais faire avec une personne, j’avais l’impression de m’éloigner toujours plus de ce que je suis.
Des efforts pour sortir, pour parler avec des gens avec qui je n’ai plus aucun point commun, pour écouter des personnes que je n’ai pas envie d’écouter, des efforts pour prendre des nouvelles ou pour en donner …

Cette situation me rendait triste. Car en plus de ne plus être en adéquation avec les autres, je me coupais de tout le monde.
Ou selon les cas, les gens se coupaient de moi. Pourtant… j’adorais être seule (et .. .j’adore toujours !) mais l’image de la société et que les gens autour de moi me renvoyaient, ayant beaucoup de contacts, sortant tout le temps etc … tout ça me faisait culpabiliser !

Ma trop grande franchise, et dire les choses de façon brutale à toujours été qualifiée comme étant un défaut.
Je ne le pense pas.
Je crois que c’est une qualité, qui malheureusement, dans ce monde où il faut toujours éviter de blesser, de faire des vagues … est devenue un défaut !

Sauf que, plus on est soi-même et plus on respecte nos valeurs… Plus il y’a de chances que quand on dit les choses comme elles sont en nous et non… de façon édulcorée … on finisse par blesser.
Pas volontairement.
Mais parce que les remarques touchent l’ego.

Suite à une « mise au point » avec une copine, je me suis rendue compte, que beaucoup de personnes, même assez proches, ne m’aimaient pas pour ce que j’étais. Mais pour l’image qu’ils s’étaient faite, ou pour les efforts que je faisais en leur compagnie (c’était bien sur mon choix de faire ces efforts!).
J’ai alors décidé d’être VRAIE, à 3000%. et advienne que pourra.

Avant de prendre cette décision, je me suis quand même bien remise en question, me disant que j’étais surement une super-Con****E, qu’il fallait que je change.
Puis mon mari m’a dit : « tu préfère être seule et entière, ou être accompagnée, mais devoir toujours faire des efforts en présence de l’autre »?
J’avais ma réponse !

Je me coupais, et … je me coupe de tout le monde.
Pourquoi ? parce que je suis de mieux en mieux avec moi, et que je préfère ma propre compagnie à celle des autres. Je ne veux pas faire de généralité, il y a des personnes que j’apprécie énormément de voir, mais … après plusieurs heures accompagnée, j’ai BESOIN de me retrouver seule. Oui, je suis ce que l’on qualifierait d’asociale !

J’ai appelé mon frère, après avoir fait un énorme tri dans ma vie, sur Facebook, dans mes amis… lui disant que j’avais peur de finir comme notre mère: seule, et sans aucun amis car j’appréciais un peu trop la solitude (et accessoirement parce que j’ai un caractère de merde !)
Puis il m’a dit :
« Tu changes. Tu changes tellement de jour en jour, comment veux tu garder les même amis, les mêmes personnes autour de toi ? Peut être qu’aujourd’hui , à 30 ans, tu as besoin de faire le vide et le tri autour de toi, pour savoir ce qui est profondément vrai. Mais peut être aussi que quand tu en auras marre d’expérimenter la solitude, tu choisiras de sociabiliser à nouveau ? Rien n’est figé. Ce que tu es aujourd’hui, n’est pas ce que tu seras demain. Tu ne peux faire semblant le reste de ta vie. Sois ce que tu es VRAIMENT, et ceux qui t’aimeront pour ce que tu es resteront, ou reviendront. »

Ce qui est fou, c’est que plus je m’affirme et plus je deviens « conne », plus je rencontre UNIQUEMENT des gens qui sont contents de me rencontrer pour ce que je suis, pour ce que je fais, et avec qui , dès le début, je n’ai pris AUCUNE pincette.

Je ne suis pas cette fille que vous pensez voir en regardant les vidéos ! Enfin si, mais pas que !
Je ne suis pas cette fille qui a l’air d’avoir plein d’amis, parce que oui, avoir plein de likes sur Facebook, c’est comme être riche au monopoly !
Je ne suis pas cette fille qui sourit tout le temps, et pour qui la vie est super facile. Non, pour moi aussi la vie reste un apprentissage de chaque instant, une possibilité de plus de m’améliorer, mais par dessus tout, une possibilité de plus d’être bien avec moi-m’aime. De m’aimer, tel que je suis, VRAIMENT.
Je ne suis pas une fille pour qui la vie coule tranquillement !
J’ai les mêmes soucis que vous, je me pose les mêmes questions, je passe ou suis passée par les même phases de doutes et de souffrances !

Alors, bon, je ne vais pas encore m’exiler dans une grotte, car il faut que j’élève ma fille, et que … j’aime ma tâche de vie.
Mais j’avais besoin d’être vraie.
Vous qui regardez mes vidéos et qui lisez mes articles : Ne croyez pas que je ne suis QUE amour, ne croyez pas que je ne râle jamais, ni que ma vie est parfaite, ni encore que je ne traverse pas moi aussi de grandes périodes de doutes et des difficultés.
Je suis comme vous. Exactement comme vous. Je suis vous, et vous êtes moi.

Et si je m’aime de plus en plus, au point d’être vraie à 3000%, c’est grâce à vous !
à vous, mes patients,
à vous, les personnes qui ont fait partie de ma vie et qui n’y sont plus
à vous qui me poussez dans mes retranchements jusqu’à ce que je finisse par m’affirmer définitivement … et de façon radicale
à vous, mes vrais amis, qui sont toujours là depuis 18 ans pour certains, et d’autres depuis seulement quelques mois… Merci de m’aimer pour ce que je suis en vrai… Vous êtes rares, mais c’est pour cette raison que vous êtes si précieux.

Pour finir, sachez donc que j’ai décidé d’être une conne, enfin, ce que l’on étiquette comme étant une conne. C’est à dire une personne qui est vraie à 100%, avec qui vous risquez d’être blessé si vous avez des attentes, mais avec qui vous saurez toujours à quoi vous en tenir. Pas de non dits, pas de faux semblants.
C’est ce que j’ai toujours été…Mais j’avais peur d’être seule, et donc je mettais du miel pour adoucir le tout.

C’est fini.

Maintenant, si vous voulez venir boire le thé, sans sucre, sans miel, alors vous êtes les bienvenus !

Johanna. Tellement libérée, et légère de se sentir en adéquation totale avec elle-même.