Parce que le fait de se respecter profondément, peut parfois passer pour de l’égoïsme aux yeux de celui qui juge…

Discussion avec un ami lorsque j’étais en France, cet article touche un coté vraiment personnel de ma vie, j’ai hésité longtemps à le publier, mais je pense qu’il est important pour tout ceux qui ne savent pas encore dire NON.

Le début est un peu long, mais nécessaire à la compréhension de la globalité de l’article.

Je raconte à mon ami une histoire que je viens de vivre avec une de mes connaissances –>

Elle insistait pour que nous nous voyions, j’étais contente, pour une fois que quelqu’un voulait VRAIMENT que l’on se voit. J’accepte de « sacrifier » un déjeuner avec mon mari pour voir cette fille, puis à peine avons nous convenu du jour, qu’elle me dit « il faut absolument que je te raconte un truc, je ne dors plus la nuit, je suis allée voir des médiums, elles ne peuvent pas m’aider »…

Peut être trop habituée à ce que mes connaissances grappillent trop sur mon travail, je lui fais savoir qu’étant en vacances, je ne pourrai pas la soigner. (Je n’ai plus de soucis avec le NON maintenant ^^). Elle m’a alors répondu qu’elle ne voulait pas que je la soigne mais eu je l’écoute en tant qu’amie, de manière sèche. Je me suis alors excusée, lui expliquant qu’une fois de plus, je pensais qu’elle voulait un soin ou une voyance de façon gracieuse puisque nous nous connaissions. Ce qui m’arrive … tout le temps ! Alors oui , erreur de ma part, j’ai anticipé ! La réponse ne fut pas celle que j’attendais, elle s’est énervée, je vous passe les détails, mais ayant touché souffrance, les bas mots ont commencé à fusé.

J’ai répondu que je comprenais sa souffrance, mais que cela ne justifiait pas un comportement pareil, ni une réaction aussi violente, et surtout pas de rabaisser la personne en face. Qu’importe.

 

Je souhaitais raconter cela à mon ami pour avoir son avis, à savoir si j’avais « bien » fait. La réponse ne fut pas non plus celle que j’attendais!

Comme quoi dans la vie il ne vaut mieux pas avoir d’attentes, sinon, nous sommes toujours déçus.

Je précise que cet ami me connait depuis plus de 6 ans maintenant, qu’il m’a connu archi, puis à mes début en tant qu’énergéticienne. Lorsque nous nous sommes connus, j’arrivais tout juste à Paris, Bordelaise de souche, qui avait « juste » vécu en Australie, j’étais encore « pure » de tout jugement, la société ne m’avait pas encore assez marché dessus! J’étais encore naïve, une imposition de soi très limitée, et … je ne m’aimais pas. Pas encore entièrement en tout cas, j’étais encore prête à être ce que les autres voulaient de moi, juste pour être aimée. Blessure du rejet et de l’abandon encore bien ouverte ! Depuis le temps, je l’ai fermée ! :)

Nous parlons donc de cela, et lui me dit que j’aurais dû l’aider, que je me DOIS de l’aider, parce que je suis comme un médecin, et que j’ai « signé » pour cela.

Premièrement je n’ai rien signé avec qui que ce soit, autre que moi même, du moment où je peux me regarder dans le mirori et me dire que je suis fière de ce que je fais chaque jour, tout va bien. Deuxièmement, je ne suis pas médecin, et troisièmement, elle n’était pas dans un état d’urgence. Je suis d’accord avec lui sur le fait qu’en tant que médecin (qui sauve des vies!), en vacances ou pas, si quelqu’un tombe dans la rue, et fait un malaise, on se doit de l’aider. Bien que cela ne soit pas « que » le job d’un médecin, mais celui d ‘un humain ! Bien sur que médecin ou non, si je vois quelqu’un faire un malaise ou en difficulté, je vais aller l’aider ! que cela aille de la mamie qui n’arrive pas à porter son pack d’eau ou à la femme enceinte et au vieillard qui a besoin de la place dans le bus, je suis la première à être là pour mon prochain.

Mais selon lui, quand on se dévoue à la tâche corps est âme (ce sont ses mots), vacances ou non, nous nous devons de toujours répondre présent. Là où nous n’étions pas du tout d’accord, c’est sur les emails. J’ai eu le malheur de dire que durant mes vacances je ne répondais à aucun email…. parce que sans vacances, sans vraies vacances, je ne peux pas me reposer, et que sans repos, je ne peux plus aider. Cela est un cercle vicieux ! Je lui ai alors dis que j’étais dévouée à ma tâche, à un point incroyable, mais qu’il était primordial pour le respect de soi, de poser des limites… où sont les limites ? Lui qui est dans le design, devrait il donc de façon permanente, répondre à ses emails ? Selon lui, non, parce qu’il n’a pas un métier de « santé », et que « ce n’est pas pareil ». En même temps, il est toujours plus facile de voir ce que les autres font plutôt que de voir ce que nous nous ne faisons pas.

Sous prétexte que l’on a décidé d’aider les gens, devrait-on donc s’oublier totalement?

Je me suis même entendu dire qu’il était « déçu que je sois comme ça ».  C’est quoi comme ça ? À me respecter et à ne pas me faire marcher dessus ? À savoir dire non quand j’en ressens le besoin ?

J’ai alors compris que ce qui le décevait, c’était l’image qu’il s’était faite depuis toute ces années, l’image de la Johanna qui dit TOUJOURS oui pour aider. Qui est TOUJOURS là pour les autres. Au point de ne plus savoir si elle est pour elle, ou si elle est pour faire plaisir à autrui. Apparemment Gandhi et bouddha était TOUJOURS là pour les autres. Ça tombe bien ! Je ne suis ni Gandhi, Ni bouddha ! Ni même mère Thérésa.

Je dévoue ma vie aux autres, sur mon temps de travail. Le reste de mon temps, je me le dévoue. J’ai appris à tellement me respecter, à tellement m’écouter et savoir dire non quand mon coeur ne veut pas, que cela passe pour de l’égoïsme aux yeux de ceux qui ne savent finalement pas ce qu’est de se respecter profondément. Je ne dis pas qu’il ne sait pas le faire, juste que peut être que le respect de soi diffère d’un point de vue à l’autre.

Je comprends totalement sa façon de voir les choses, ce qui ne veut pas dire que j’y adhère. La difficulté d’accepter que les gens que nous pensons connaitre changent, je sais à quel point c’est dur, mais si ces personnes changent pour être « plus heureuse », au final c’est ce qui importe non ?

Deux jours, après, jour de ma conférence à Paris, Il a annulé, a 2h de la conférence alors que les places lui étaient réservées depuis 2 mois. Je n’en ai pas tenu rigueur, pour notre amitié, bien que blessée. Mais autant qu’une obligation de docteur est d’aider autrui, est ce que « l’obligation » d’un ami n’est pas de ne pas faire faux bon ?

L’égo juge. Parce que voir ce qu’autrui ne fait pas « bien », est bien plus facile que de voir les erreurs que nous faisons nous même.

Le choix JUSTE est celui qui nous permet de continuer notre tâche sans jamais se fatiguer. Il est « facile » d’être mère Thérésa avec des dizaines d’employés qui aident à travers le monde,  il est « facile » d’être le Dalai lama et de ne jamais s’énerver si l’on reste dans un monastère à méditer 15H sur 24h entouré de gens plein d’amour…Par contre il est bien plus difficile d’aider sans relâche, plus de 300 jours dans l’année, de faire notre maximum tout le temps, et pour pouvoir continuer, et bien il faut du repos, et de l’amour de soi <3

Chacun fait ce qu’il peut à son échelle, tant que l’on peut se regarder dans le miroir et se coucher en se disant chaque jour que l’on a fait tout ce que l’on pouvait pour rendre ce monde meilleur, alors je pense que cela est parfait !

Sachez que plus vous vous respecterez, plus vous perdrez des gens non pas parce que vous ne vous aimez plus mutuellement, mais parce que vous ne correspondrez plus à ce qu’il souhaitent voir de vous. Refermer sa ou ses blessure d’abandon et de rejet, c’est aussi ça, voir que nous sommes de plus en plus en plus seul, mais se sentir de mieux en mieux. Parce que de plus en plus en accord avec nos valeurs, et ce qui nous parait être juste, pour nous, pour les autres, et pour le monde.

Mon ami, si tu lis cet article, sache que je t’aime toujours, et que l’amitié c’est savoir être d’accord d’être en total désaccord.

Et vous qui avez lu, n’oubliez pas d’agir en accord avec votre coeur. C’est le seul juge, qui ne jugera jamais !