On parle parfois de savoir « s’isoler » dans la philosophie bouddhiste, mais encore il faut bien en comprendre le sens réel. Les grands maîtres expliquent dans les commentaires 3 niveaux d’isolement :

1) ISOLER SES SENS
Lorsqu’on est conscient que quelque chose suscite en nous une perturbation mentale (colère, jalousie, attachement, peur, etc.), il peut être bon de s’en isoler temporairement afin de travailler sur soi à diminuer le pouvoir de la perturbation (par exemple, un alcoolique qui désire abandonner l’alcool pourra s’isoler temporairement des endroits de consommation). Bien sûr, cela ne fait que temporairement donner un répit, mais là ne réside pas la vraie solution. On peut voir bien des cas où les gens se « retirent du monde » pendant des mois, voire même des années, mais n’effectuent aucune transformation intérieure véritable.

2) ISOLER SON ESPRIT
C’est ici que débute le vrai sens de l’isolement. Plutôt que de s’éloigner simplement de ce qui nous dérange, on fait le travail sur soi nécessaire en diminuant le pouvoir d’une perturbation mentale par la méditation, de sorte qu’en contact de ce qui habituellement nous occasionnait peur, colère, attachement, nous demeurons sereins et maîtrisons la situation sans tomber sous l’influence de l’émotion. Cela peut demander parfois un long entraînement basé sur une connaissance, analyse et méditation profonde.

3) ISOLER SON ESPRIT DE LA PENSÉE ÉGOCENTRIQUE
La plus profonde de toutes, l’isolement traité dans les enseignements du Mahayana est d’arriver à libérer l’esprit de toute intention calculée, égocentrique, pour cultiver à l’opposé la pensée altruiste d’amour et de compassion universels. On isole son esprit des tendances égoistes et on le rapproche continuellement des pensées et intentions altruistes.

Texte de Jason simard