Suis je folle ?

Voici quelques années maintenant que je me pose la question à savoir si ce que je vis est réel, pas tous les jours, mais régulièrement.
Je reviens vers moi, au lieu d’être tournée vers les éléments extérieurs, je me penche sur mon cas en replaçant tous les évènements qui se passent dans ma vie, je me dis que si je racontais rien que la moitié sur la page, je me ferai enfermer directement (heureusement que j’ai 2/3 personnes qui sont au courant de tout, et qui n’ont toujours pas téléphoné à un psy^^, ça me rassure un peu !)…

puis je me dis, que j’aimerais bien être normale.

Ne plus rien voir, ne plus rien entendre, plus aucun rêve prémonitoire où je dois éviter une catastrophe, plus de conseils des guides, plus d’étrangers qui viennent mettre des « potions » dans mon armoire, plus de soins en psycho-énergie, plus d’écriture automatique ni de tirage de cartes, plus de surprise en pleine nuit à voir un fantôme assis sur mes toilettes, plus de lecture dans les yeux de celui qui me parle, plus d’âme à faire monter à la lumière, plus de connexion entre les humains et les défunts …

Ça doit être bien tout ça, être normale… je me suis si souvent posé la question, peut-être que j’aurai été plus heureuse qui sais… mais … qu’est ce que je me serais embêté!

Sachant que pas mal de gens n’ont aucun de ces « symptômes », je me demande s’ils existent réellement ou si j’hallucine. Ne vous êtes vous jamais posé la question ? et si tous les gens qui ressentent hallucinaient ? et si c’était l’inverse, si tous ceux qui ne sentent ni ne voient étaient en fait des gens à qui ils manquent quelque chose ?

Ce qui me réconforte c’est de voir que certaines de mes amies proches voient la même chose que moi, même à distance, c’est ce qui m’aide à me rassurer, à rationaliser.

Je me demande souvent si ce n’est pas mon cerveau qui me joue des tours, mon ego qui voudrait avoir quelque chose de plus que les autres…
Sauf que lorsque l’on est plusieurs à voir la même chose en même temps, c’est quoi ? nos egos qui complotent ensemble ? ou la réalité? ou une réalité pour un certain nombre de personnes ?

Je me suis aussi demandé s’il n’y avait pas des sortes de mondes parallèles, où les réalités seraient différentes pour chacun, pas dans le sens « nous sommes 7 milliards donc c’est normal que l’on ait 7 milliards de différences », mais des vraies réalités, comme ci dans mon monde c’était normal de voir les morts, les guides, les anges, les méchants, de parler avec eux, et que dans l’autre monde il ne se passait rien, vraiment rien. Pas que les gens ne les voient pas, mais qu’ils n’existent pas pour de bon !

Et si la réalité était créée par notre volonté de croire. On croit, on voit. On ne croit pas, on ne voit pas, mais pour le coup, cela supprime réellement l’existence de l’objet en question …

À chaque fois j’en viens à la même conclusion, celle de me dire que si ce que je perçois me rend heureuse, alors tant mieux, tant que cela me permet d’avancer sur le chemin de la transmutation de souffrance en amour, tant que cela permet d’évoluer en conscience et en co-évolution, tant que cela ne fait de mal à personne, alors c’est bon, je suis sur le bon chemin, le mien.

Sauf que le chemin de la spiritualité fait mal, des fois. Quand tu t’engages sur le chemin de la connaissance de toi, plus tu avances, plus tu perds des gens que tu pensais être proches, car tu deviens « trop bizarre », tu deviens trop « entier », trop « dérangeant », pas assez « lisse » pour cette société où rien ne doit dépasser, tout doit suivre le mouvement.
Au début, tu caches ce que tu ressens pour pouvoir garder ce que tu penses être les gens qui te correspondent, alors tu te fourvoies et tu vas à l’encontre de ce que tu as envie d’être, de ce que tu dois être pour être en accord avec ce que tu penses.
Ça marche un temps, pis tu finis par exploser.
Là c’est le 1er jour du reste de ta vie, ou le dernier de ton ancienne vie, au choix.

Voici un chemin où tu ne pourras jamais reculer, réfléchis bien avant de t’y engager, se connaître soi-même est le plus long, le plus beau des chemins, mais aussi celui le plus douloureux, et le plus effrayant.
À la fin, tu auras découverts ton pire ennemi, mais aussi ton meilleur ami pour le reste de ta vie. Et peu importe ce que les autres pensent ou diront de toi, tant que toi, tu es en accord avec ce que tu as envie d’être.